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115 - 2006/1

Dioramas sous globe

(Tous les schèmas sont dans le bulletin "papier")

Grâce à l’article de Gérard Turbé (RDV 2005/4), j’ai enfin réalisé un vieux rêve : mettre un décor polaire dans une ampoule. En vérité mettre sous globe un certain nombre d’expéditions antarctiques qui me tenaient à cœur après le séjour d’un camarade qui m’adressa des Kerguelen le journal de mer du matelot Albert Seyrolle et qui réveilla chez moi le " syndrome des Terres Australes ".

L’ouverture des ampoules : je récupérai toutes ampoules grillées des couloirs et escaliers de la co-propriété en en mettant des neuves. Cinq centimètres de diamètre, une douille culot en métal (fer blanc) à baïonnette, impossible à dessertir. Aussi, je suis passé par le fond en perçant la bakélite au centre des deux plots métalliques permettant le contact électrique. J’ai tout enlevé, cassé le verre supportant le filament puis j’ai limé l’intérieur jusqu’à la jonction colle-verre-métal. J’ai cassé une proportion des deux tiers d’ampoules soit par maladresse, inadvertance, trop de force et outils pas adaptés. De plus, les ampoules où le verre est teinté dans la masse sont inutilisables mais les douilles vont servir quand même.

Le diorama polaire : la mer est en plastique souple d’un diamètre supérieur au goulot : quatre centimètres permettent d’avoir une mer à plat lorsque l’ampoule est couchée à l’horizontale. Redressée, elle reste proportionnelle à la voûte intérieure du verre, ce qui permet de faire tourner le décor afin de le centrer et de camoufler la marque de l’ampoule qui se trouve juste à ce niveau.

Contrairement à G. Turbé, je n’utilise pas de mastic, mais uniquement du papier peint gaufré de différents grains et épaisseurs. Celui du décor polaire est gaufré et possède déjà banquise et chenaux à l’échelle. Reste à le peindre, à le sécher et à le coller sur la mer en plastique.

J’utilise du scotch double face moquette simple : efficace et sans eau, collage assuré (et on peut recommencer au cas où) ; ensuite, pour permettre le redressement et le maintien à l’horizontale du décor je passe, avant de coller la mer, deux fils dentaires incassables en croix entre le scotch et le plastique.

Le maintien définitif du décor se fait grâce à un tube de récupération en plastique du diamètre intérieur de la douille autour duquel vont tourner les quatre fils jusqu’à tension complète. Ce tube qui est plus long que la douille permet de réemboîter une douille identique à l’envers pour la finition et l’emboîtage au centre du socle.

Ces douilles en fer blanc se coupent aux ciseaux bien plus facilement qu’une boîte de conserve : j’enlève la partie basse à peu près au-dessus du trou laissé par les plots de maintien extérieur.

Afin de continuer le décor, je fixe le support peint et sec avec de la Parafix UHU sur le verre intérieur et les quatre fils sur la douille à l’extérieur. Le volume disponible est impressionnant ! On se croirait dans “un bocal à cornichons” comme aurait dit Max.

Le bateau : rien de bien difficile sinon le choix historique. Pour les trois ampoules actuellement terminées, un petit ’J-B CHARCOT’, harenguier de Boulogne de 20 mètres ayant servi à la première expédition de Raymond Raillier du Baty aux Kerguelen en 1907-1909. Les deux autres, la ’CURIEUSE’, dundee de 18 mètres ayant fait la seconde expédition de Raymond Raillier du Baty aux Kerguelen en 1912-1914.

Les coques sont en bois, occupent la longueur du diamètre, bout-dehors compris. La mâture laisse un petit espace sous ’globe’. La technique utilisée est celle des plumes d’oiseaux cousues (RDV n° 79 p. 21-23). L’introduction est des plus facile, les étais n’ont pas besoin d’être beaucoup détendus, les mâts se redressent tout seuls grâce aux plumes. Les voiles sont en papier tissé, rouges et beiges (teintées avec du thé). Les canots sont des olives sauvages coupées en deux avec bancs de nage en acajou.

Le reste du décor : icebergs, faune. Les icebergs sont sculptés dans un os de seiche, à la mesure du volume. Ils supportent dans une ampoule un grand albatros à bec jaune qui vole au-dessus de la CURIEUSE et une grotte cache une otarie (réalisée en cuir noir, dans l’épaisseur de celui-ci). Une banquise un peu plus haute supporte des manchots royaux (8) et un pétrel géant à tête blanche est collé en bout d’aile au mât d’artimon sur tribord. Un cormoran des Kerguelen s’envole au passage du bateau vers l’avant. Dans cette ampoule tout a été fixé sur le décor , il a basculé sans soucis à l’horizontale grâce aux quatre fils, je n’en suis pas revenu.

Pour le J-B CHARCOT, il n’y a que 4 manchots sur la banquise et 2 albatros sont collés sur le verre au-dessus du bateau en dégradé, 2 otaries à fourrure (en feutrine beige) regardent passer le bateau. Il porte les pavillons JPNC (n° d’immatriculation du port de Boulogne).

Pourquoi cette faune ? Dans la croyance des marins explorateurs, la réincarnation se faisait au travers des grands oiseaux du Cap. Ainsi les capitaines en albatros, les seconds en pétrels, cormorans, frégates, l’équipage en manchots et les chiens... en otaries.

Finitions : avant de fixer le tube de maintien, je maintiens les fils collés sur la douille à l’intérieur avec du scotch et je peins avec du corrector blanc la partie sous la mer, c’est-à-dire une mince collerette de verre à l’intérieur. Le séchage est immédiat. J’utilise comme pinceau une petite pince à bords courbes garnie d’un coton trempé dans le flacon. J’enfile ensuite le tube en faisant tourner les fils autours, puis je le coince sous le plancher. A mon avis pas besoin de colle, juste coller les fils vers le bas avant d’enfiler la douille inversée.

Ce morceau de douille inversée va s’emboîter dans le tube, lui-même emboîté dans une bobine de fil d’un diamètre à la mesure qui est fixée par une vis sur le socle en bois de 6 cm de diamètre. Mettre de la colle à cet endroit.

La finition de l’ensemble : les parties renflées des deux douilles sont peintes en or, la partie où s’effectue la jonction est recouverte d’un morceau de skivertex marron collé. Le socle est recouvert du même skivertex et une plaque métallique dorée explicative est vissée au niveau du côté tribord permettant de voir en premier le bateau.

L’ensemble est conforme au rectangle d’or (6 cm / 9,4 cm) et j’espère pouvoir continuer d’autres expéditions, peut-être avec des ampoules de volumes différents.

Le socle de l’ampoule en verre est un bouchon de flacon de laboratoire, enfilé dans les douilles inversées.


Dessin : Benoit Charon

Dulou Bernard -  28 août 2006

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